L’eau chuchotait à côté d’eux, en glissant sous les épais buissons, mais ils ne l’entendaient pas. Leur jeu les captivait complètement. Ils couraient partout et criaient de joie sous la lumière tiède du printemps. Un petit chien aux poils longs aboyait gaiement pendant qu’il les pourchassait, la longue langue pendant de son museau.
Sous un saule, la mère écrivait une lettre à son mari parti à la bataille, alongée sur l'herbe fraîche, en jetant des fois un coup d’œil vers le charmant tableau qui la faisait sourire. Elle non plus n’avait pas remarqué le mince fil d’eau qui se faufilait sous les feuilles de l’année passée pour rejoindre le petit marais bien caché, aux profondeurs de boue gluante, peuplées par des créatures qu’il fallait mieux pas déranger.
Les enfants arrêtèrent leur jeu, un peu essouflés, et se mirent à pourchasser les petites fées aux ailes brillantes qui virevoltaient dans l’air et se cachaient dans les coroles des fleurs. Le chien s’allongea au soleil, content de sentir la douce chaleur sur sa furrure, et il suiva de ses yeux paresseusement entreouverts les deux petits qui, absorbés par leur jeu, n’observaient pas qu’ils s’approchaient du coin ombreux où l’herbe était plus haute et plus verte que dans le reste de la clarière.
Mais les fées savaient ce que se cachait sous ces feuilles d’un vert cru et elles donnèrent l’alarme. Un essaim se leva des fleurs et se mit à tournoyer autour des enfants, qui crièrent de joie et courirent sans avoir peur vers le tourbillon de couleurs brillantes, en s’éloignant ainsi du danger. Alarmée par le bruit, la mère leva les yeux de sa lettre et appela les enfants qui vinrent se blottir contre elle et lui parlèrent des fées et leurs ailes colorées. Elle les écouta avec un sourire, puis elle deposa un baiser sur leurs têtes couvertes de boucles dorées.
dimanche 27 avril 2008
Eau, tableau, enfant, peur, lettre
Publié par
Fleurbleue
à
11:00
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